21.06.2008
larmes
En passant sous ma fenêtre, des passants s'arrètent.
Une main sur le visage, ou sur la tête.
Ils ont reçu une goutte.
Ils pressent le pas, veulent arriver avant de prendre l'averse.
Ce n'est pas une goutte de pluie.
Je suis à ma fenêtre, je laisse déborder mon coeur.
Derrière moi, du bazar.
mon appart a été vidé aujourd'hui. Il me reste de quoi y camper.
Mes habits sont entassés sur mon lit, le sol est jonché de sacs, de papiers, de mouchoirs en tous genres.
Je ne veux pas partir.
C'est chez moi ici.
C'est mon premier chez moi.
Mon père est venu, a pris mes meubles, a pris mes tentures, a pris mes livres et mes classeurs.
J'ai encore mon ordinateur, j'ai encore mon frigo et une plaque, j'ai encore un lit, une table, une chaise.
C'est beaucoup de choses. Mais ce n'est plus chez moi.
Je ne connais pas cet appart blanc. Je connaissais les murs colorés.
Je ne connais pas ce sol gris masqué par ce qui y traîne. Je connaissais un sol propre avec un tapis devant le lit.
Je veux partir d'ici, c'est oppressant.
Je veux rester, je m'accroche.
Ce soir, je reverrai une partie de ceux qui ont illuminé cette année à Lille.
Ce soir, je laisserai toute cette rage partir pour montrer au monde que je suis Lilloise.
Et demain, je préparerai mon départ.
Dans quelques jours, je quitterai pour de bon cette chambre.
Je ne verrai plus le mur rouge du batiment en face. Je n'entendrai plus les motos qui font rugir leur moteur au feu rouge. Je ne serai plus là.
J'ai le coeur lourd et mes larmes l'allègent peu.
Je ne veux plus qu'on me parle de mon potentiel ou de mes capacités. J'ai fait ces études-là pour partir de chez mes parents. Je n'ai plus envie de me battre. Je veux juste rester là avec tout ce que j'aime à Lille. Je travaillerai, je gagnerai mon argent, je ne dépendrai plus de rien si on me laisse ici, si on ne me fait pas partir. La bohémienne veut se poser. Aidez-moi.
19:22 Publié dans pensées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.06.2008
promesses
Il entre dans la salle. Elle arrète soudain de discuter en l'apercevant. Son sourire la quitte tandis qu'il s'apprhce. Son ami ne comprend pas.
L'ami _ Qui est-ce ?
Elle _ Personne.
Lui _ Ah ? Je ne suis personne ?
Elle _ Qui voudrais-tu être ?
Lui _ Ton amant.
Elle _ Désolée, je ne partage pas.
Lui _ Je ne suis plus avec Marie.
Elle _ Ah. (silence) Je suis contente de te voir ici.
Lui _ Moi aussi, je suis content de te voir.
Elle _ Comment vas-tu ? Le travail se passe bien ?
Lui _ Tout va bien. Et toi ?
Elle _ Ca va. Tu me manques. Je pense à toi la nuit en m'endormant. Je pense à toi le matin en ouvrant les yeux. Tu interviens dans mes rêves, tu me distrais de mes occupations le jour. Mais sinon ça va.
Lui _ Je pense à toi aussi. C'est pour ça que je suis venu.
Elle _ Alors, j'ai le droit de penser que tu ne m'en veux plus ?
Lui _ Non, je t'ai pardonné. (silence. Elle a le regard ailleurs.) A quoi penses-tu ?
Elle _ Je me demande pourquoi tu n'as pas répondu à ma lettre. Est-ce que tu n'as pas compris que j'avais besoin d'une réponse ? Est-ce que tu ne savais pas quoi dire ? Est-ce que tu as décidé de ne pas me répondre, pour me faire mal ?
Lui _ Peut-être un peu les trois.
Elle _ En tout cas, tu sais très bien me faire mal.
Lui _ Et toi, tu ne sais pas faire confiance aux gens. Je suis sûr que tu ne m'as pas cru lorsque je t'ai dit que c'était fini entre Marie et moi !
Elle _ (à peine prononcé) C'est vrai.
Lui _ Mais alors qu'est-ce qu'il te faut ?
Elle _ Que tu ne t'énerve pas déjà !
Lui _ pardon.
Elle _ Je te connais encore très mal. Et pourtant, tu fais partie de ma vie. Je ne conçois pas de passer ma vie sans toi. Pour moi, tu es là en permanence et ta présence empêche quiconque de prendre une place d'aimé dans mon coeur. Mais l'inverse n'est pas vrai. Je ne fais pas partie de ta vie. Je ne vois pas comment cela pourrait changer. (silence) Je suis désolée. Tu es revenu voir si j'allais bien et tu te retrouves face à mon labyrinthe de pensées. Je ne me sortirai jamais de tout ça, je crois.
Lui _ Je t'ai tendu la main, tu n'as pas essayé de venir.
Elle _ Je n'ai pas vu ta main tendue ! Tu estimes avoir fait quoi ? Tu aurais voulu que j'espère tout ce que tu ne pouvais pas m'offrir parce que Marie était là ?
Lui _ Non... Mais dis-moi, toi ! Qu'est-ce que tu voudrais que je fasse ?
Elle _ Que tu m'invites certains soirs. Que tu m'appelles pour prendre de mes nouvelles. Que je sois celle à qui tu penses lorsque tu n'as rien de prévu un soir et que tu veux sortir. Que tu me donnes de tes nouvelles, tout le temps. Que tu sois là quand j'ai besoin de soutien. Que tu me dises lorsque quelque chose ne va pas. Que tu me dises ce que tu penses. Que tu m'apprennes ce que c'est l'amour.
Lui _ Moi, je voudrais que tu arrêtes de douter de tout ! Que tu comprennes que je me retrouve encore et toujours face à la même situation : les gens que je rencontre partent et je dois poursuivre la relation à distance ! Ca n'a aucun sens ! Je ne pouvais rien commencer avec toi en pensant que de toute façon, à la fin de l'année, tu partais ! D'ailleurs, que fais-tu l'an prochain finalement ?
Elle _ Je ne sais pas encore. Je vais bientôt prendre la décision. Ne me demande pas de rester. Je ne dois pas faire ça pour quelqu'un, je dois faire ce choix-là seule.
Lui _ Tu veux toujours être seule pour tout. Comment veux-tu vivre une histoire de couple avec cette philosophie ?
Elle _ On n'est pas en couple. Et c'est bien pour ça que je te demande de me laisser choisir.
Lui _ Tu comptes vraiment être ingénieure ? Ce boulot ne te plait pas ! Il ne t'a jamais plu ! Pourquoi pars-tu là dedans ?
Elle _ Je veux aller jusqu'au bout de la voie que j'ai prise. Je la quitterai plus tard, mais pour l'instant, je veux faire tout ce que je peux.
Lui _ Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à bosser dans ce que tu n'aimes plus, surtout si tu sais déjà que tu arrèteras après !
Elle _ Mais, tu crois que j'aurai une chance de m'en sortir si je lachais tout maintenant ? Je me retrouverai à la rue, sans fric, sans rien. Je ferai des petits boulots chiants et je n'aurai pas la force de me donner à fond dans le théâtre en sachant le peu que ça m'apporte. Tu m'as vue jouer ce soir. Alors, crois-tu que ça fera fureur ? Allons ! Je n'arrêterai pas le théâtre, mais je ne peux pas me limiter à cela pour le moment.
Lui _ Bon. Donc, je suis sûrement venu pour te dire adieu.
(Elle ouvre la bouche, veut rétorquer quelque chose mais il n'y à rien à répondre à cela.)
Lui _ J'aurai respecté toutes tes demandes. Je t'aurai téléphoné souvent, on aurait passé du temps ensemble et je t'aurai aimée. Seulement, avec des gamineries et tes doutes, tu as tout gâché.
Elle _ Je sais ça.
Lui _ Je... Je te demande pardon. Je ne voulais pas te dire que Marie existait. J'apréciais trop tous les moments passés avec toi. Je ne voulais pas perdre ça. Et puis, quand je suis parti de l'atelier théâtre, c'était aussi pour moins te voir. Ca me faisais peur tout ça. Tu m'aurais demandé de rester, je crois que je l'aurais fait. Tu avais juste l'air de m'en vouloir, ou d'être déçue. Je me disais que tu reviendrais au cirque. Je n'imaginais pas que tu te sois tant attachée à moi. J'avais l'impression de t'avoir ouvert toutes les portes de ma vie à Lille. Je ne pouvais pas t'offrir plus. Mais j'espérais que tout cela te ferais rester ! Et puis, je savais que ça irait de mal en pire avec Marion. Alors, si tu restais, tout devait bien se passer ! Et puis, quand j'ai reçu ta lettre, avec tous les aveux qu'elle contenait, je suis tombé de haut. J'ai perdu pied. Je pensais que tu serais toujours là, mais je n'avais pas compris que tu souffrais. Ca doit être la maladresse masculine, ça. je te demande pardon pour tout ça. Je ne suis pas venu te dire adieu aujourd'hui ; je suis venu parce que je voulais qu'on parle. Maintenant je m'en vais. Mais si tu reviens au cirque, on se reverra.
00:15 Publié dans essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.02.2008
piégée
Je savais qu'il ne fallait pas que je tombe amoureuse. J'avais senti le danger dès le premier jour. Mais ce garçon, si séduisant, apparemment si sympathique, quel danger pouvait-il présenter ?
En repartant de l'atelier théâtre que j'avais en commun avec lui, le soir de notre rencontre, je me maudissais de le sentir déjà si important pour moi. Et puis, peu à peu, j'ai laissé s'endormir mes craintes. J'apréciais de le voir, d'apprendre peu à peu à le connaître, de passer un peu de temps avec lui. Pendant un moment, je commençais même à croire que quelque chose serait possible, cette fois-ci. Je ne m'inquiétais plus et me laissais bercer dans des instants magiques auxquels il était lié.
Et puis il a fallu que je redescende sur terre. Voyons, qu'avis-je imaginé ? Il avait une copine bien sûr, et depuis deux ans déjà. Simplement elle habitait loin, voilà la simple raison pour laquelle je n'avais pas connaissance de son existence. Le rêve s'était à peine ébauché qu'il devait s'achever. La complicité et le jeu naissant s'évanouirent rapidement. Quelques discussions sur msn me donnèrent encore l'illusion qu'il pouvait m'apporter beaucoup de bonheur. Je lui ai confié mon secret et il a semblé comprendre.
Cependant sa vie continue et il a à présent quitté l'atelier théâtre. J'ai envie de le revoir. Mais il me semble si lointain, si étranger désormais... Je savais qu'il ne fallait pas que je tombe amoureuse. Mais maintenant, tout ce que je sais, c'est qu'il me manque, même si je le connais bien mal.
21:44 Publié dans vécu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


